EPSU convinced public sector workers will rise to the challenges of 2017

EPSU no to CETA demo on 20 September 2016, rond-point Schuman, Brussels

Défendre nos valeurs fondamentales et offrir des services publics de qualité à nos communautés et à la population dans des conditions difficiles et parfois dangereuses est ce que font les travailleurs du service public, jour après jour. L'année nouvelle est chargée de défis pour nos membres, le travail qu'il font, les ressources qu'ils méritent et l'Europe que nous souhaitons étant constamment remis en question. Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses en cette année nouvelle en nous élevant contre le dogme du nationalisme, la xénophobie et l'austérité qui affligent les travailleurs. Notre premier combat, en 2017, sera d'empêcher le Parlement européen d'approuver l'accord commercial entre l'Union européenne et le Canada (AECG). Le 24 janvier et le 1er février auront lieu au Parlement européen des votes cruciaux sur l'AECG.

Dans les mois qui suivront, nous poursuivrons notre action pour convaincre les parlements, les gouvernements et la Commission que l'ACS n'est pas une bonne opération pour les services publics. Nous apprécions votre soutien constant et déterminé pour qu'une conception plus équitable et progressiste des accords commerciaux figure en bonne place dans le programme du sommet du G-20 qui se tiendra en juillet.

Cette année, le G-20 sera présidé par l'Allemagne, avec le slogan "la mondialisation doit profiter à tous, pas seulement aux riches". L'Allemagne a mis la numérisation, les soins de santé et l'égalité au programme du G-20, ce qui est une bonne chose. Cependant, son programme de politique économique pour le G-20 table sur des contextes financiers stables, ce qui est un euphémisme pour une poursuite de l'austérité et des réformes de structure qualifiées de flexibilité du marché du travail, laquelle implique de travailler plus pour des pensions moindres.

Alors que 62 milliardaires possèdent plus que la moitié de la population mondiale, quelque chose ne tourne franchement pas rond dans notre système économique. Le programme du G-20 comporte la mise en œuvre des objectifs du développement durable pour 2030 et de l'accord de Paris sur le changement climatique. Mais le principe d'une transition juste sera-t-il encore soutenu par les grandes nations industrialisées ? Parmi les pays les plus pollueurs, la Russie n'a pas encore ratifié l'accord et, actuellement, il semble que l'administration Trump ne tiendra aucun compte des nombreux signes de réchauffement climatique. C'est très préoccupant pour les travailleurs. Nous poursuivons notre combat pour une transition juste.

Notre revendication pour une autre politique économique a contribué à l'effritement du soutien dont bénéficiaient les politiques d'austérité dans l'Union européenne. Nous allons concentrer nos efforts sur trois enjeux économiques majeurs en 2017. En premier lieu, nous continuerons à demander que la Commission européenne et les État membres tiennent leur promesse d'un socle tangible de droits sociaux qui rétablira la confiance dans l'Union européenne et bénéficiera réellement aux travailleurs. Le Parlement européen doit se prononcer sur la question dans la deuxième quinzaine de janvier. Ses propositions incluent une directive cadre pour des conditions de travail décentes dans toutes les formes d'emploi, des salaires plancher nationaux, une garantie de qualification pour tous, des congés rémunérés pour les pères, les mères et les aidants et un financement public pour les investissements sociaux. En partenariat avec la CES, nous nous efforçons de renforcer le dialogue social, la négociation collective et les droits syndicaux, d'améliorer la protection sociale et de préconiser des services publics forts dans le cadre du socle social. Merci à tous ceux qui ont signé la pétition de soutien à nos revendications, à la fin de l'année. La Commission et le Conseil doivent apporter la preuve de leur attachement au dialogue social alors qu'ils donnent une impulsion à l'accord sur l'information et la consultation conclu entre les partenaires sociaux de l'administration centrale en 2015.

La Commission devrait publier ses propositions sur le socle social au mois de mars. Une avancée dans ce domaine ne serait pas précieuse pour les travailleurs de l'Union européenne seulement. Elle enverrait aussi à ceux des pays candidats et des pays voisins tels que la Géorgie, la Moldova et l'Ukraine un signal disant que l'Union européenne a un modèle social en développement, appuyé par les grandes institutions européennes, qui pourrait devenir la référence de par le monde.

Le deuxième grand enjeu est que nous voulons nous assurer que le Pacte budgétaire ne soit pas intégré dans le Traité ou consacré dans un autre texte législatif. Son efficacité sera évaluée cette année et des discussions sont en cours au Parlement et au Conseil. La FSESP a toujours refusé le Pacte budgétaire.

Le troisième enjeu sera notre soutien à la campagne de la CES pour les salaires et notre revendication pour des investissements publics dans les services publics, pour que les politiques économiques européennes renoncent à l'austérité. Les travailleurs de la fonction publique subissent depuis de nombreuses années le gel des salaires dans de nombreux pays. Il est temps que cela change et nous serons aux côtés des syndicats qui se battent dans ce but. Dans le même esprit, le Conseil de l'Europe va se prononcer en janvier sur un rapport favorable au dialogue social, à la négociation collective et au droit de grève. Il invoque la Charte sociale européenne et les conventions de l'OIT pour demander à ses pays membres et rétablir les droits à la négociation là où ils ont été affaiblis. C'est incontestablement la situation en Turquie qui vient à l'esprit et nous continuerons à soutenir nos camarades turcs dans leur dur combat pour la démocratie et les droits syndicaux.

Notre programme pour 2017 compte beaucoup d'autres points. Notre campagne pour une fiscalité équitable, qui demande que la Commission et les États membres s'attaquent efficacement à l'évasion fiscale, commence à porter ses fruits. Nous allons faire pression pour que la publication d'informations pays par pays soit reprise dans plusieurs propositions de la Commission. Nous prévoyons d'obtenir des résultats pour ce qui est de la protection des lanceurs d'alerte, de telle sorte que des gens tels qu'Antoine Deltour, qui déclencha le scandale Luxleaks, ne soient pas traînés devant les tribunaux. Un autre domaine d'action consistera à obtenir des propositions de lois pour combler le fossé salarial entre hommes et femmes. Les Comités permanents ont des programmes de travail chargés pour répondre aux préoccupations de nos membres des différents secteurs et domaines de dialogue social.

Nous continuerons à insister sur la nécessité de recruter de nouveaux adhérents et sur l'engagement de nos membres et activistes. Avec le Conseil régional paneuropéen de la CSI/CSE, nous espérons pouvoir former plus de recruteurs par exemple. Des syndicats puissants sont nécessaires pour obtenir des résultats dans la négociation collective et influencer les politiques gouvernementales en matière de fiscalité progressiste par exemple. Les hausses de salaires et une fiscalité équitable permettent à coup sûr de s'attaquer aux inégalités croissantes de nos sociétés qui minent la démocratie et les valeurs humaines.

Nous serons plus forts si nous agissons ensemble, si nous offrons la perspective d'un monde différent. Ensemble, nous pouvons faire évoluer les choses en cette nouvelle année, pour les droits des travailleurs, pour des salaires et des emplois décents et pour des services publics de qualité. Je me réjouis vivement de travailler avec vous tout au long de cette année 2017.

Avec mes salutations solidaires.

Jan Willem Goudriaan,

Secrétaire général de la FSESP

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