Résolution et feuille de route de la FSESP sur l’égalité des sexes et les droits des femmes

Austerity silent crisis - Gender Equality

(22 mai 2017) La Fédération syndicale européenne des services publics a inscrit l’égalité femmes-hommes et les droits des femmes parmi ses priorités. En 2017, lors du Comité exécutif de la FSESP, il a été adopté une résolution et une feuille de route sur ces sujets. En effet, la situation économique et sociale montre de façon évidente que les femmes restent plus menacées que les hommes par les politiques de réduction des dépenses publiques et la précarité sur le marché du travail. En dépit de cela, notre solidarité, notre coopérations et nos actions ont enregistré des résultats positifs. Ils doivent être poursuivis. La résolution du Congrès de 2014 donne le cap, tandis que la feuille de route doit orienter les actions concrètes.

Quel diagnostic faisons-nous ? Tout d’abord, il est impérieux de s’attaquer à l’écart femmes-hommes, dont le reflux s’est ralenti. Le seul chiffre de 20%, représentant les inégalités de salaires entre femmes et hommes dans 15 pays de l’UE, doit nous alerter. Derrière ce chiffre, il ne faut pas oublier que d’autres situations tout aussi inquiétantes restent cachées, comme les inégalités concernant les pensions ou dans l’emploi. Toutes ces données sont réversibles par l’action sociale.

Les politiques d’austérité illustrent à quel point les femmes sont doublement concernées. D’une part, le déclin de l’accessibilité des services publics impacte durement l’organisation de la vie de nombreuses femmes. D’autre part, il faut noter que l’augmentation des services sociaux et de santé -qui emploient beaucoup de femmes- ne s’est pas traduite par une augmentation des salaires de ces femmes. Une fois encore, les inégalités de salaires entre femmes et hommes sont intolérables. La FSESP souhaite également condamner les récentes remises en cause, dans des pays européens mais pas seulement, du droit des femmes à disposer de leur propre corps. La Fédération appelle à soutenir le mouvement « She decides ». Cette question des droits est à relier directement aux politiques d’austérité et au manque d’investissement public.

Depuis 20-30 ans, les inégalités entre femmes et hommes est en retrait dans l’agenda européen, nous imposant de revigorer le sujet. De ce point de vue, une écrasante majorité d’Européens (94%) considèrent que l’égalité entre femmes et hommes est un droit fondamental. On déplore ainsi que la Commission européenne ait des actions timorées, voire rétrogrades comme en témoigne le récent retrait de la révision de la Directive sur le congé de maternité.

La FSESP propose finalement plusieurs points et la préparation d’une grande conférence sur l’égalité femmes-hommes. Cette action, qui doit avoir lieu en janvier 2018 à Prague, doit servir d’impulsion politique au Congrès de 2019. Une autre idée revient à faire du 8 mars (journée internationale du droit des femmes) 2018-2019, un moment décisif pour mobiliser autours de ces questions. La FSESP contribuera et reste particulièrement impliquée dans le travail de la CES et de l’ISP sur la question de l’égalité entre femmes et hommes. Toutefois, pour être efficace, ce sont les affiliés qui doivent aborder les thèmes suivant, notamment dans les concertations collectives, accompagnés d’exemples (plus de détail dans le plan d’action), avec leurs confédérations :

  • Combler l'écart salarial entre les hommes et les femmes : Les actions menées dans de nombreux pays pour arrêter le travail (manifester et faire grève) dans l'après-midi du 8 mars pourraient être coordonnées en 2018 et en 2019.
  • Équilibre entre travail et vie privée : Il faut agir davantage sur la manière d'aborder le travail à temps partiel avec les employeurs, au niveau des affiliés et de la FSESP
  • Prévenir la violence envers les femmes et les hommes et sensibiliser au problème : La question de la violence et de la violence des tiers dans la négociation collective devrait être une priorité pour les affiliés nationaux de la FSESP. La FSESP appuiera encore la ratification de la Convention d'Istanbul du Conseil de l'Europe afin de prévenir la violence envers les femmes et les filles.
  • Instaurer une représentation plus équilibrés à la FSESP : Il faut que les affiliés en fassent plus pour assurer une bonne représentation des femmes. Le Comité exécutif devrait discuter de ce qu'il y a lieu de faire pour progresser davantage, y compris en ce qui concerne les jeunes déléguées.

Un dernier point doit être évoqué. La FSESP est très préoccupée par les régressions dont font l’objet les droits sociaux et le droit d’expression. A chaque fois que ce dernier est remis en cause, la parole des femmes est d’autant plus frappée. On doit rappeler que la réduction des dépenses publiques, dans l’UE mais pas uniquement, cible les politiques en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans un même mouvement, les femmes voient leurs droits et leurs capacités à les défendre se réduire. A ce niveau, un sujet doit être soulevé : le droit à l’avortement.

Dans de nombreux endroits, l’accès à l’avortement devient formellement (par l’action des parlements nationaux) ou informellement (par l’action de médecins) difficile d’accès. Les deux résistances doivent être condamnées. Pour ce faire, ces femmes sont obligées de recourir à des alternatives prohibitives financièrement, clandestines et dangereuses. Le droit à l’avortement est un droit fondamental, contenu dans des Conventions internationales et approuvées par la plupart des Etats. Remettre en question ce droit, c’est remettre en question la santé des femmes, leur émancipation, leur scolarisation, leur accès à l’emploi et, finalement, leur autonomie financière.

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Pour aller plus loin :

Résolution du Congrès de 2014

Plan d’action de 2017

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