L'accord global d'Orpea conclu sans ses syndicats

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(Bruxelles, le 12 avril 2022, Communiqué de Presse) La fédération syndicale internationale UNI GLOBAL a publié un communiqué de presse annonçant la signature d'un accord-cadre mondial avec la multinationale française ORPEA le vendredi 8 avril. Cet accord manque de légitimité.

Pour la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP), il est inconcevable de conclure un accord avec une entreprise sans un mandat approprié des syndicats concernés et sans la participation des syndicats représentatifs du pays de l'entreprise.

Pour Jan Willem Goudriaan, secrétaire général de la FSESP, "cet accord a un impact sur de nombreux syndicats et les travailleurs qu'ils représentent au sein d'ORPEA - mais sans leur participation active ni leur consentement. C'est inacceptable". Il poursuit : "ORPEA compte plus de 24 000 travailleurs en France, dont la plupart ont découvert cet accord par la presse."

L'accord a été négocié à l'insu de la CGT, de la CFDT et de FO, les syndicats français confédérés d’ORPEA. Ce sont les fédérations syndicales représentatives au sein d'ORPEA qui peuvent signer la convention collective sectorielle. D'autres syndicats représentatifs en Belgique, en Allemagne, en Italie et en Espagne n'ont pas non plus été impliqués. Tous ces syndicats sont affiliés à la FSESP. Même dans les pays où ORPEA se développe rapidement, comme l'Irlande et les Pays-Bas, il n'y a pas eu de véritable processus de consultation. Les travailleurs de ces pays représentent la majeure partie de la main-d'œuvre mondiale d'ORPEA. UNI GLOBAL ne peut donc pas prétendre à la représentativité au sein d'ORPEA.

Les syndicats français ont récemment attaqué ORPEA en justice, accusant l'entreprise de favoriser le syndicat interne Arc-en-Ciel lors des élections syndicales. L'entreprise a poursuivi en justice des syndicalistes en France en raison de leurs critiques à l'égard de l'entreprise et l'accord ne fait rien pour le retrait des affaires - en effet, il pourrait être utilisé contre nos affiliés. Nicole Meyer, présidente du comité d'entreprise européen représentant la FSESP, a été confrontée à des actions antisyndicales répétées de la part d'ORPEA, notamment des menaces de licenciement répétées et des enquêtes criminelles. ORPEA a perdu tous les procès et Meyer a obtenu 15 000 euros de dommages et intérêts le 22 mars. Elle n'a pas été informée ni consultée de cet accord visant à "améliorer le dialogue social". L'entreprise a des antécédents qui ne peuvent être blanchis.

ORPEA a adhéré à de nombreux principes relatifs aux droits de l'homme et à la gouvernance d'entreprise, notamment au Pacte mondial des Nations unies. Ces "exercices à cocher" n'ont pas empêché l'entreprise de s'en prendre aux syndicalistes. Le nouvel accord mondial représente une autre "coche" nécessaire pour répondre aux exigences des investisseurs et montrer le changement à la suite du scandale des "Fossoyeurs".

L'entreprise est sous le feu des projecteurs en France et ailleurs pour avoir exploité des travailleurs et des résidents. Les inspections françaises sur ses finances et ses affaires sociales ont révélé des abus de fonds publics. Les syndicats français CGT et CFDT et CICTAR ont révélé que l'entreprise utilise un réseau complexe de filiales pour gérer ses finances, y compris des investissements au Luxembourg qui n'avaient pas été révélés auparavant.

En tant que porte-parole des travailleurs du secteur des soins, la FSESP s'engage à lutter pour des soins de qualité, de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail chez ORPEA - et nous ne pouvons le faire que main dans la main avec les syndicats.

Pour plus d’informations : Pablo Sanchez psanchez@espu.org 0032 (0) 474 62 66 33